Exposition Mémoires industrielles
Avec Dark, Spazm, Keyler, Ospri, Mikoz, Xerou, Spot
Du 21 février au 18 mars, au centre culturel des Mazades
10, avenue des Mazades, 31200 Toulouse
Vernissage le 24 février à partir de 18h30 avec Dj Nobreakfast et Flimflam
« Raconter la vie des terrains vagues, et tout ce que ces lieux peuvent représenter : le travail à la chaîne, le capitalisme, la perte d’emploi, la marginalité, la pollution, le retour à la nature, la société de sur-consommation, le graffiti, la banlieue, la liberté… »
Voilà de quoi nos sept graffeurs veulent nous parler à travers cette exposition à ne pas manquer!
Entretien avec l’un d’entre eux : Spot.
Salut Spot! Tout d’abord, pourquoi ce nom « spot »?
Tout d’abord, Spot, parce que ce sont des lettres qui me plaisent, je voulais un S, car c’est la meilleur lettre dans le graffiti. Et parce qu’à l’époque je faisais beaucoup de roller, et on avait l’habitude d’appeler un endroit, un spot.
A l’origine, le graffiti est un art de rue, qui se veut illégal, politique, social. Quelle est ta position par rapport à ces artistes du street-art qui viennent dans les galeries, dans des lieux d’expositions?
J’ai fini par évoluer, avant j’avais ma petite idée de graffeur, un peu basique, comme quoi ce n’étaient que des vendus. Le street art, que ça soit le pochoir, le graffiti, etc, c’est de la communication, c’est de faire valoir son nom par tout les moyens possibles. Du coup, ça fait partie du truc de se faire connaître, c’est pour ça qu’on le fait à la base. C’est pour ça qu’on va dans la rue, sinon on resterait tout le temps dans nos terrains vagues ou chez nous à faire du tricot.
Ce que j’essaie de faire c’est que le Hip-Hop, le graffiti, le rap deviennent accessibles, et j’essaie d’amener les gens dans les terrains vagues et de leur expliquer comment ça marche car, en général, ils ne font pas trop la démarche d’y aller.
Qu’est-ce qui t’attire à Toulouse? Et est-ce tu peux nous parler du graffiti toulousain?
C’est une ville très active en France, dans laquelle il y a une ancienne école, Tilt, Reso, etc… Il y a beaucoup de graffeurs toulousains qui réussissent. Bien que ce soit un milieu un peu fermé, tout le monde ici connaît Tilt et Reso, même si les gens ne connaissent pas vraiment le graffiti.
Tu travailles seul, et tu travailles aussi en crew, que t’apportent l’un et autre?
En groupe ce qui est super c’est que c’est très stimulant, on s’inter-stimule! Quand tu peins seul, tu peux travailler ton style et ton univers plus en profondeur.
C’est quoi le nom de ton crew?
C’est IMF: « Intelligent Mais Fainéant », enfin c’est plus en ce qui me concerne, sinon c’est « Imbattables en Mots Fléchés »! Quand on part à pleins, y a toutes les capacités de chacun qui se groupent pour faire un gros impact, pour avoir un gros résultat, une grosse fresque dont tout le monde est content. On en parle ensemble avant, mais il y a un truc qui se crée parce qu’on se connaît et qu’on est habitué à peindre ensemble.
Et ça c’est super intéressant pour le groupe. Et tout seul ce qui est intéressant c’est qu’il n y a pas de compromis, tu fais ce que tu veux, et ça te permet de développer ton style, tes idées. Et c’est ce qui fait que dans le groupe il y a toutes ces identités.
Justement ton identité c’est quoi? Comment tu définis ta peinture?
Au niveau graffiti pur, le « lettrage », je fais de la 3D, c’est un truc qui est arrivé avec Delta et Daim dans les années 90, je travaille plus le volume. C’est de la 3D mixée à du Wildstyle, façon « old-school parisienne ». Pour moi, une lettre c’est important et ça se fait d’une certaine manière. C’est l’école parisienne! Mais je ne sais plus faire en 2D: quand je fais un trait, y en a 3 qui viennent!
Maintenant avec cette expo, je suppose que ça lève un peu l’anonymat sur toi.
Qui est Spot? On peut le savoir plus facilement, ça ne te fait pas peur par rapport aux flics?
Moi, par rapport aux flics, je m’en fous, j’ai pas un casier judiciaire fou. Après, je ne fais plus des masses de « vandale », et quand je fais de la rue, je ne considère pas ça comme du « vandale » parce que je peux y passer 4 journées en plein jour avec des gens qui passent. Je considère que j’ai rien à me reprocher, je fais mon truc, je ne pourris pas les trucs des gens, je sais combien ça coûte de repeindre un mur ou un camion…
T’as des anecdotes avec les flics?
Des tas! Ca fait partie du graffiti, sinon, peut-être qu’on ne le ferait pas. Un truc marrant, à Saint-Denis (93), une ville avec une présence policière… forte et… musclée. Une fois on peignait à 11 près du Stade de France, et on avait une bonne visibilité derrière, et tout à coup y a 2 camions de flics qui ont débarqué derrière un buisson, en mode GIGN et on s’est fait braqué, c’était le début des flash-ball, c’était super impressionnant! Ils essayaient de nous chauffer dans le car, et nous non, donc au bout de 5 minutes au poste, ils nous ont relâché.
Merci Spot!





